Air France la saga


 

Air France la saga


Rêves d’Icare

Posted on Lundi 10 août 2009 at 16 h 27 min and filed under Magazine.

Parmi les collections spectaculaires du Musée de l’air et de l’espace du Bourget, rencontre avec six appareils qui ont ouvert les voies du ciel. Par Marc Branchu

Blériot XI, le vainqueur de la Manche C’est l’avion pionnier. Un « cerf-volant » de 310 kg (à vide) avec des ailes en toile, un moteur tout juste capable de propulser l’ensemble à 100 km/h et une armature en frêne, raidie par des cordes à piano. Il possède des commandes de vol, mais pas encore d’aileron : pour tourner, il faut gauchir (déformer) les extrémités des ailes. C’est à bord d’un appareil similaire que Louis Blériot franchit la Manche le 25 juillet 1909 – l’original est exposé à Paris au Musée des arts et métiers.

Breguet XIV, le laboureur du ciel Conçu en 1916 pour l’armée française, le biplan est d’une robustesse à toute épreuve. La paix revenue, des centaines de pilotes sont formés sur ce laboureur du ciel choisi par les premières compagnies aériennes pour défricher leurs réseaux. Avec lui, l’Aéropostale explore l’Espagne, l’Afrique puis l’Amérique du Sud, notamment grâce à Paul Vachet, inlassable pilote de reconnaissance. Un jour de janvier 1925, il est pris dans une tempête. La toile d’une aile du Breguet XIV se déchire. Mais sa femme, qui l’accompagne, la rafistole avec un drap. Réparation de fortune qui sauve la mission, capitale pour la suite de l’aventure de l’Aéropostale.

Farman Goliath, le bus volant Bombardier reconverti au transport civil, cet avion est l’un des premiers à embarquer des passagers. Douze personnes au maximum, plus deux membres d’équipage, qui voyagent calfeutrés dans une cabine parcourue de courants d’air et d’odeurs d’huile de ricin. Le modèle présenté au Musée est unique au monde : il ne reste, hélas, que la carlingue – accentuant la véracité de son surnom de « bus volant ». Lucien Bossoutrot entre dans la légende le 8 février 1919. Aux commandes d’un Farman Goliath, il transporte une dizaine de militaires entre Paris (Toussus-le-Noble) et Londres (Kenley). C’est le premier vol international avec passagers de l’histoire.

« Oiseau Canari », l’avion-citerne Avec 9 réservoirs (plus de 3000 litres d’essence), le Bernard 191 « Oiseau Canari » est une vraie citerne volante, conçue pour les grands raids. Le modèle exposé est celui qui réussit l’exploit de 1929. Deux ans après Lindbergh, Assollant, Lefèvre et Lotti veulent devenir les premiers Français à franchir l’Atlantique d’ouest en est. L’équipage s’élance d’Old Orchard (Maine), le 13 juin 1929. La charge a été réduite au minimum, pour privilégier le carburant. Stupeur après le décollage : un passager clandestin est à bord, le jeune journaliste Arthur Schreiber ! Alourdi par ce 4e équipier, l’avion consomme plus que prévu. La panne menace. Par chance, l’avion se trouve près de Santander (nord de l’Espagne), où « l’oiseau » atterrit après 29h22 de vol.

Douglas DC-3, l’avion du xxe siècle A son lancement en 1935, cet avion tout de métal vole plus vite, plus haut, plus longtemps que ses concurrents et avec davantage de passagers (21 contre 10 pour le Boeing 247). C’est le plus grand succès commercial de l’histoire (13000 exemplaires vendus – une quarantaine exploités par Air France). Certains modèles sont encore en service ! Ingénieur aéronautique fou d’aviation, Donald Douglas rêve de fonder sa propre société. Il enchaîne alors les petits boulots, jusqu’au jour où un sportif californien lui offre 40 000 dollars pour construire un avion capable de traverser l’Amérique. Le projet n’est pas mené à terme, mais, grâce à lui, la Douglas Aircraft Company est née, mère de certaines des plus célèbres machines volantes, le DC-3 et le DC-8.

Boeing 747, le géant du ciel Avant d’être détrôné par l’A380, le B747 fut longtemps le plus gros appareil civil jamais construit. Un avion aux dimensions gigantesques (la dérive est haute comme un immeuble de six étages), surnommé Jumbo, qui peut transporter selon les versions entre 366 et 524 passagers. Il a eu 40 ans en février dernier. Dix-sept B747 sont toujours au service d’Air France. Le physique hors norme de l’appareil ne permet pas à l’exemplaire conservé au Musée d’être présenté dans un hangar. Exposé aux intempéries sur le tarmac, il a bénéficié au début de l’année d’un grand nettoyage. Depuis 1990, deux B747 « Air Force One » transportent le président des Etats-Unis. Dans l’espace qui lui est réservé : une chambre-salon, une petite salle de bains avec douche, un grand bureau, un petit salon-salle à manger pour quatre personnes, deux cuisines, une salle de conférences et même une pièce médicale avec table d’opération et appareil de radiographie.

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